Quels leviers pour le développement du marché du rétrofit ?

Donner une nouvelle vie électrique à votre véhicule thermique pour participer à la transition énergétique une idée séduisante ? Le rétrofit est fait pour vous ! Ce marché est naissant en France mais porteur de belles promesses.


Le rétrofit, de quoi s’agit-t-il ?

Le rétrofit c’est la transformation d’un véhicule à moteur thermique en véhicule à moteur électrique. C’est un bon exemple d’économie circulaire : donner une nouvelle vie “électrique” à des voitures anciennes encore en état de rouler plutôt que d’acheter une voiture électrique neuve. Le rétrofit électrique des véhicules est autorisé dans 25 pays, dont certains européens. En Italie, au Royaume-Uni ou encore en Allemagne, où la pratique est autorisée depuis plusieurs années, le marché reste malgré tout un marché de niche peu connu.

Une démarche responsable pour participer à la transition énergétique

L’objectif est de transformer des véhicules polluants et pour la majorité  anciens (de 15 à 20 ans minimum). Toutefois, il y a aussi quelques limites à respecter : la puissance ne doit pas dépasser celle affichée lors de l’homologation et la taille de la batterie ( 100 à 300 km d’autonomie) varie selon le gabarit du véhicule à cause du poids (10 à 15% de surpoids sont tolérés par essieu).

Pour les Français, le rétrofit électrique se présente comme une alternative à l’achat d’une voiture électrique, encore bien trop onéreuse pour beaucoup d’entre eux. En effet, une voiture électrique, en plus de son prix élevé, demande des investissements qui laissent hésitants quant à l’économie dite long terme que promettent les constructeurs. Le prix moyen d’un rétrofit auto, quant à lui, est situé entre 10 000€ pour une petite citadine et jusqu’à près de 50 000 € pour un véhicule de collection. Différentes alternatives pourraient permettre de faire baisser rapidement ce coût, comme l’industrialisation du rétrofit et les subventions de l’Etat.

Vers une démocratisation du rétrofit en France

La pratique du rétrofit électrique sur les automobiles pourrait être prochainement légalisée en France. En effet, la loi Mobilités, qui est entrée en vigueur fin 2019, va en acter l’ouverture du marché. L’homologation des voitures converties sera donc possible, avec un assouplissement de la loi de 1954 qui prévoyait un passage aux mines (expertise par un ingénieur des mines). La mise en place de la pratique devrait être officialisée dans les mois à venir.

Par ailleurs, une association, l’AIRE (Acteurs de l’industrie du Rétrofit Electrique) a été créée pour « faire connaître auprès des autorités publiques, du monde économique et du grand public les intérêts multiples de la transformation des véhicules thermiques en électrique ».

Plusieurs entreprises affichent déjà leur intérêt pour ce marché porteur, comme Oscaro ou encore le groupe Mobivia. Le gérant de Rétrofuture, Arnaud Pigounides, a annoncé des objectifs chiffrés qui laissent entrevoir la potentielle taille du marché : 360 000 voitures transformées en cinq ans, soit 1% du parc automobile. Le chiffre d’affaires serait de 5 milliards d’euros et générerait 40 000 emplois en France.

Une filière entière à mettre en place

Le rétrofit attire les passionnés et autres possesseurs de voitures de collection, déterminé à les faire entrer dans l’aire de l’énergie propre. Il se positionne comme un accélérateur de la transition énergétique mais pour cela il faut qu’une filière entière se mette en place : rétrofiteur, distributeur, certificateurs, financeurs, coteur, leaser….

Preuve que l’initiative intéresse : l’ADEME vient de mettre le sujet à son agenda et Grenoble, toujours en avance en matière d’innovation, proposera prochainement une aide au rétrofit.


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