Le renouvellement de l’offre d’autopartage à Paris

Alors que l’autopartage faisait peau neuve pour se livrer la bataille de Paris, nous assisterons probablement à une vraie remise à zéro des compteurs après la crise sanitaire.

Free2moove Paris (PSA), Zity (Renault), Car2go (Mercedes BMW), Ubeeqo (Europcar) et aussi Weshare (groupe Volkswagen) affutaient leurs offres à coup de nouvelles applis, nouveau branding, nouveaux véhicules lorsqu’ils ont été stoppés net par la crise sanitaire.  Au-delà de l’autopartage, toute la filière des nouvelles mobilités est en suspens.

Alors que les longues semaines de grèves contre la réforme des retraites ont donné un coup d’accélérateur aux nouvelles mobilités individuelles en France, les compteurs sont quasiment remis à zéro. Après avoir été parcourues, voire sillonnées par les vélos, trottinettes individuelles ou partagées, les rues de nos centres urbains sont désormais désertes.

Pour les vélos ou trottinettes en libre-service, scooter électriques partagés, autopartage, applications de covoiturage, il semblait bien que le point de pivot était durant cette fin d’année 2019. La grève hivernale des transports en commun allait accélérer le mouvement des nouvelles mobilités urbaines.

Coronavirus : une mobilité réorientée sur la gestion de crise

Or la crise du coronavirus, qui frappe la planète entière, a mis un coup d’arrêt à la notion même de mobilité. De nombreux acteurs ont désactivé leurs flottes, à la fois pour limiter les déplacements (et donc la contagion), mais aussi pour ajuster l’offre à la demande.

D’autres proposent désormais leurs véhicules de manière gratuite pour les personnes dont les déplacements sont cruciaux et en particulier pour tous les personnels de santé qui sont à l’œuvre dans ce combat.

La gestion de la crise par les opérateurs ne souffre d’aucune question. Au fond, qu’ils aient décidé de désactiver leurs flottes ou bien de la rendre accessible aux personnels soignants ou aux livreurs, les deux options conduisent au global à une limitation de l’offre de mobilité aux seuls cas indispensables.

En revanche, la question de « l’après » se pose, au moins à deux niveaux :

  • Quels seront les opérateurs capables de sortir d’une telle crise ? Une crise qui touche tout le monde (le rappel n’est pas inutile) mais qui est encore plus visible dans les centres urbains où se concentre l’essentiel de l’offre de nouvelles mobilités. Ni les petits acteurs locaux ni les gros opérateurs internationaux ne sont épargnés par un phénomène qui touche une à une toutes les grandes métropoles et met la mobilité à l’arrêt.
  • Comment les usagers vont-ils se comporter vis-à-vis des mobilités partagées ? Après quatre, six peut être huit semaines de confinement, comment est-ce qu’on se réapproprie ces objets partagés ? Certains opérateurs ont d’ores et déjà annoncé avoir renforcé le nettoyage des véhicules mais qu’en sera-t-il des objets tels que les trottinettes, vélos et scooters en libre-service dont le principe et le modèle économique mêmes reposent sur le principe d’être partagés par le plus grand nombre. Quel process de réassurance sanitaire les opérateurs vont-ils mettre en place pour relancer leurs offres ?

Voir aussi nos articles sur les business model des nouvelles mobilités

Voir aussi nos articles sur la consolidation du marché des nouvelles mobilités


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *