La supervision, clé de la mobilité autonome dans une vision collective

La supervision comme porte d’entrée de services de véhicules autonomes sécurisés qui correspondent aux usages réels de mobilité.

L’horizon pour des véhicules autonomes individuels en centre-ville semble s’éloigner devant l’infinie complexité des situations à gérer (piétons, cyclistes, trottinettes, carrefours, rond-point, comportements imprévisibles et dangereux).

Il reste heureusement un champ d’application très concret et prometteur à court terme pour la mobilité autonome : les transports autonomes collectifs. Dans ce domaine, il reste néanmoins à réinventer la navette autonome. Au-delà de l’expérimentation technologique, il faut désormais aller plus loin que la démonstration et pousser vers une offre de service. Une nécessité qui oblige tous les acteurs à sortir de leurs modèles économiques traditionnels. Les constructeurs automobiles doivent apprendre ce qu’est le transport collectif, les opérateurs de transport inventer de nouvelles offres de services, et les constructeurs de navettes être capables d’intégrer les fondamentaux de l’automobile et du transport collectif (sécurité et vitesse de circulation). C’est à ces conditions seulement qu’il y aura innovation.

Simplifier le problème pour faire de l’innovation véritable

Les efforts d’innovation doivent donc davantage se concentrer sur les solutions aux problématiques d’usages : désengorger les routes, offrir de la mobilité inclusive, compléter l’offre de mobilité en dehors des heures de pointe, la nuit ou dans des zones moins desservies.  La résolution technologique des situations les plus techniquement complexes doit être au service de l’usage. En effet, les réponses purement technologiques ne représentent pas véritablement un enjeu à court terme, et n’ont donc que peu de valeur immédiate pour les citoyens, les territoires ou les acteurs privés.

Finalement, pour innover par les usages, il faut sans doute revoir la part des efforts d’innovation technologique : au départ attendu uniquement dans le véhicule, ils se répartissent désormais davantage entre la connectivité, les infrastructures et la prise en compte côté véhicule de ces informations.

Pour être capables de délivrer rapidement un vrai service de navettes autonomes, simplifions donc le problème, en trouvant une solution combinant une vitesse de circulation minimale acceptable pour un usager (c’est-à-dire qui lui apporte un vrai bénéfice), et le respect des standards de sécurité. Cela implique trois choix ambitieux :

  • des véhicules rapides (50 km/h) aux missions simplifiées dans un environnement maîtrisé ;
  • une route entièrement équipée de capteurs ;
  • un centre de supervision (contrôle et/ou décision).

Le centre de supervision : porte d’entrée d’un cercle vertueux pour les navettes autonomes

Ce centre de supervision, relié à la fois aux capteurs de bords de route et aux capteurs embarqués des véhicules, vérifie en temps réel l’absence d’usagers vulnérables sur le parcours, permettant de ne plus faire porter aux seuls véhicules l’exigence de sécurité. C’est une porte d’entrée dans un cercle vertueux : redondance des contrôles, augmentation de la vitesse des véhicules et donc du service rendu, optimisation des ressources, pilotage même de très loin des flottes de véhicules autonomes, ouverture de services à la demande, invention d’un nouveau lien humain avec les usagers…

Cet outil de supervision de véhicules autonomes permettrait d’utiliser les voies de bus à haut niveau de service en dehors des heures de pointe ou la nuit, ou d’aménager des parcours dédiés reliant des parkings de délestage et de covoiturage avec des gares. Il conserve une présence humaine dans un centre dédié, limitant le besoin en ressources sur le terrain, et l’on en voit aussi l’intérêt en cas de crise sanitaire. Il pourrait être un facteur déterminant pour le déploiement de la technologie de véhicules autonomes au service du transport collectif, là où les modèles traditionnels de mobilité peinent à trouver un équilibre.

Voir aussi : le benchmark des expérimentations autonomes de VEDECOM Tech


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