Quel business model pour les nouvelles mobilités ?

Un service gratuit pour les usagers mais pas déficitaire ? Les experts des transports publics vous diront : impossible ! Pourtant certains s’y essayent. Quand le contenu finance le contenant, une nouvelle façon de voir l’avenir des nouvelles mobilités.

Peut-on financer le contenant par du contenu ? C’est une vraie question qui se pose dès lors qu’on s’intéresse au fonctionnement économique des nouvelles mobilités.

Les nouvelles mobilités représentent probablement l’aspect le plus excitant d’une industrie automobile et d’un secteur des transports en pleine mutation. En revanche, si ces deux secteurs traditionnels ont des modèles économiques qui semblent gravés dans le marbre, c’est loin d’être le cas pour les nouvelles mobilités.

La filière des nouvelles mobilités offre cette particularité de présenter une face très dynamique : nouveaux usages, start-up, déferlement de nouvelles solutions dans les centres urbains, levées de fond ; malheureusement ce dynamisme s’accompagne aussi de nombreux ratages, des acteurs qui ne vont pas au-delà de la première année, des phénomènes de consolidation etc…

RIP pour COUP, rival de CITYSCOOT qui a quitté la marché parisien…juste avant les grèves des transports…

Souvenons-nous du nombre d’opérateurs de vélos en free floating, qui ont quasiment tous désertés les marchés des grandes villes européennes devant le coût astronomique de maintenance des flottes de vélos.

Parlons aussi de Poolus cette app de covoiturage coréenne qui après avoir levé 18 M dollars de fonds et réalisé 3,7 millions de trajet est malgré tout au bord de la faillite. (source Koreantime.CO.KR)

La question du business model est devenue fondamentale si la filière veut revenir en seconde semaine et réellement perturber le jeu des acteurs traditionnels.

Nous vous proposons ici 3 exemples de business model qui interpellent :

Le premier est très évènementiel mais il constitue malgré tout une curiosité. UBER rend sa course gratuite en assurant la promotion du groupe de rap PNL. C’était en avril 2019 pour le lancement du dernier Opus du groupe. Ainsi une option PNL, disponible sur l’application de réservation de UBER permettait de réserver une course gratuite à condition d’y écouter le dernier album de PNL, tout juste sorti dans les bacs….enfin sur les plateformes de téléchargement disons. Un évènement, une clientèle captive, hyper ciblée, des données collectées : voilà de quoi équilibrer l’équation économique.

Notre deuxième exemple c’est précisément l’anti Uber ! C’est en tout cas ce que prétend Circuit, nouvelle solution de transport issue des cerveaux de deux consultants et accéléré par BMW Mini aux Etats Unis. Cette solution, mise en place en concertation avec des villes américaines (San Diego) se compose ainsi : un service gratuit pour les usagers, un transport 100% électrique, une offre de transport à la demande, à bord des chauffeurs salariés, le tout financé au départ par les recettes publicitaires des panneaux publicitaires à bord. Positionnée sur le micro transit, elle trouve sa pertinence sur un segment sur lequel les autres modes de transports ne se positionnement pas ou sont moins efficaces à savoir des courtes distances (environ 3 kilomètres).

Le dernier acteur Wonka est Coréen et là aussi c’est la publicité embarquée à bord des véhicules qui sert à financer les courses des particuliers. Wonka ne possède pas sa propre flotte mais s’appuie sur les flottes d’autres loueurs, donc pas de coûts fixes mais plutôt à la fois un outil d’optimisation pour les autres loueurs et un outil de mobilité individuelle gratuit pour les particuliers.

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